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mercredi 04 novembre 2020
vendredi 11 décembre 2020

Galerie La Transversale
Lycée Alain-Fournier
50 rue Stéphane Mallarmé
18000 Bourges

Réouverture publique de l'exposition
du 30 novembre au 11 décembre 2020 inclus
du lundi au vendredi, de 8h à 18h, sur rendez-vous

Contact : Alain Sadania / 06.74.40.88.92 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Sur une invitation d'Elsa Vincent, Alain Sadania et Benjamin Horrut.

Un monde parallèle

Magali Vaillant / Olivier Leroi

L'exposition Un monde parallèle questionne les relations qu’entretiennent deux artistes "démiurges" avec la matière au travers de leur univers artistique propre, matière qu’ils transforment et à laquelle ils octroient un "pouvoir", permettant d'appréhender la raison d’être et l’alchimie de leurs œuvres : la puissance évocatrice du travail de la matière chez Magali Vaillant, la poésie et l’intelligence du regard chez Olivier Leroi.

Magali Vaillant
Née en 1972, vit et travaille à Givardon, dans le Cher
À partir de la nécessité impulsive que Magali Vaillant éprouve de manipuler les références iconographiques, liées aussi bien à l’imagerie scientifique (botanique, zoologique, ethnographique, archéologique, etc.) qu’à l’histoire de l’art, se posent les origines de sa pratique. Elle s’approprie ces matériaux culturels, les transforme, afin d’arriver à un état qu’elle juge suffisamment intéressant pour poursuivre ou mettre en oeuvre un travail artistique.
Alors, dans une entente avec la matière, une relation de docilité mutuelle, l’artiste associe entre eux des objets, matériaux et éléments issus de la réalité, afin d’insuffler la vie à la forme dans une transmutation du réel par l’imaginaire. Ce marchandage magique avec les objets et les non-humains, cette union féconde, donne à ses volumes hybrides un aspect visuel et une sensibilité caractérisant ceux-ci comme "porteurs d’une âme".
Plus qu’une manipulation formelle qui pourrait évoquer une simple combinaison étonnante d’éléments hétéroclites, Magali Vaillant recherche le dérapage pendant que ses mains s’affairent, l’instant où le geste n’a pas contrôlé la matière, où elle s’est rebellée, où elle enrichit la pièce en sens, en idées, en images, ainsi qu’en connotations et références.
Dans cette chaine opératoire (collecte, classement, accumulation, association, assemblage, modelage, etc.), dans cette échappée imaginative, cette désertion de la pensée nécessaire pour que l’oeuvre advienne, l’égarement dans le travail artistique est constructif d’une ouverture imaginative sur ce qui fait sens dans son travail.
La signification de l’oeuvre, se constituent au fur et à mesure de sa réalisation et de la manipulation des matériaux, non dans l’esprit de l’artiste ou dans sa matérialisation finale, affirmant ainsi qu’il y a de la pensée dans la technique.
Le travail artistique de Magali Vaillant mélange le public à lui-même, aussi doit-il inclure le spectateur dans une chaîne, et laisser des maillons ouverts afin de permettre une multitude d’entrées.
L’artiste tente de faire poindre chez le spectateur un élément de cette chaîne, qui désigne un «quelque chose» qui lui appartient, et dont son travail dit le nom. C’est seulement grâce à quelques éléments de sa logique que le spectateur peut plonger dans son propre univers fantasmagorique, esthétique, réflexif, culturel.

http://magali-vaillant-art.tumblr.com/
https://www.instagram.com/magali.vaillant/?hl=fr


Olivier Leroi
Née en 1962, vit et travaille à Nancay, dans le Cher(...) Olivier Leroi, par inflexions, écarts, crée un univers ambivalent. Dans le même temps, il emploie et met en cause la logique. Ses procédés sont, alors, proches de ceux de Bertrand Russel, de Lewis Caroll ou encore, quoiqu’en aient les gardiens du sérieux littéraire, de ceux de Jacques Prévert. A travers les formes il avance, « par gambades, par sauts » comme le disait Montaigne, de sa propre poétique. Il avance grâce aux formes mais aussi grâce aux langages, d’où l’importance accordée aux titres, aux textes concernant les processus, les protocoles de bon usage qu’il met en place. « Mandoline » est en fait une Mandoline-canne à pêche, ustensile à deux fonctions, laissant supposer un univers inédit pour le poisson et le pêcheur. « La géométrie enseignée aux mésanges » quant à elle propose, pour chaque porte et donc pour chaque oiseau, une géométrie impossible à utiliser qui ne fait que souligner, rehausser le mouvement des ailes et, ainsi, mettre en lumière des principes d’organisation du monde totalement contradictoires. Cette opposition se retrouve dans « Le gourou du lotissement » où des plumes d’oiseau sont découpées de telle façon qu’elles portent les profils de constructions dont les fondations sont le vent.Olivier Leroi qui est passionné de cultures étrangères, africaines ou amérindiennes, rejoint les légendes immémoriales, par la manière qu’il a de considérer l’archétype de la maison. Ces légendes nous apprennent qu’une maison, si elle n’est pas traversée matériellement et spirituellement par la lumière, devient un tombeau. C’est ainsi que, chaque année, c’est en découvrant le toit, de ses palmes, ou en brisant ses tuiles par un jet de flèches destiné à faire pénétrer le soleil, que nous gardons vive la maison. « Si je préserve la maison elle est perdue, si je brûle la maison elle est sauvée » est une énigme que nous propose ces très anciennes narrations.
Cette manière de rappeler la nécessité de l’ouverture, de « l’ouvert », dans la langue comme dans les figures tracées, est sans cesse présente dans son oeuvre et tout particulièrement dans cette maison qu’il ne cesse de dessiner, de sculpter, d’assembler.
Je pense, ici, à sa maison forestière. Elle est, là, en Sologne comme elle est aussi ailleurs. Elle déjoue toute localisation pour devenir ce lieu mobile, universel, nomade qu’il cherche comme un foyer d’où naissent les pensées et d’où s’échappe l’inconscient des rêves.
C’est ce « lieu » qu’il quitte et qu’il retrouve, pour vivre les métamorphoses, l’échange des règnes, le croisement des mémoires qu’il étudie avec humour et qu’il projette dans ses oeuvres comme des géographies en devenir. Dans son travail, tout est lié, partagé, associé, réversible. Il nous permet d’expérimenter une pluralité d’espaces, de façon simultanée. Chez lui, rien n’est linéaire, tout est ensemble. Il aime les voisinages, les gémellités. Il s’adresse à l’autre, aux doubles, aux ombres de soi. Les travaux d’Olivier Leroi ne cessent de vivre l’altérité du monde. Et c’est parce qu’il y a altérité qu’il n’y a jamais autorité, jamais imposition ou légalité des formes...
Extraits du texte d'introduction d'Olivier Kaeppelin à l'ouvrage monographique d'Olivier Leroi "Chronopoétique " paru fin 2015 aux éditions Actes Sud.

http://www.olivierleroi.net/

RadioRadio

Une radio temporaire de création fabriquée par des étudiant(e)s de l’Ensa Bourges
en FM : 105.1 à Bourges
et sur le web

Atelier sonore d’esthétique

Créé en 2005, l’Atelier sonore d’esthétique, est un séminaire de recherche esthétique en création sonore expérimentale — site web

Arts et créations sonores

Post-diplôme en partenariat avec le Conservatoire de musique et de danse de Bourges — d'électroacoustique — site web

dsra
document & art contemporain

3e cycle — avec l'ÉESI Poitiers-Angoulême — site web