Galerie La BoxProgrammationRESPIRER
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vendredi 19 mars 2021
vendredi 30 avril 2021

Compte-tenu des nouvelles directives gouvernementales, la galerie La Box ferme ses portes à compter du mardi 6 avril 2021 et ce jusqu'à nouvel ordre. Toutefois, des supports web accessibles dans cet article vous permettent de découvrir l'exposition RESPIRER en distanciel. 

Sur une proposition de Stéphanie Jamet

Gregory Olympio - "Portrait (Femme debout)", 2020 - Acrylique sur toile - 81 x 65 cm

RESPIRER

Exposition collective

Sur une proposition de Stéphanie Jamet
Avec June Balthazard, Steeve Bauras, Princia Itoua, Gregory Olympio et Didier Viodé

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Perdre le souffle –
Une flaque montre le ciel
Pouvoir Respirer

À lire en un souffle, ce haïku introductif est une tentative de dire autrement ce qui nous a récemment traversé. « I can’t breathe / je ne peux pas respirer » prononcé par George Floyd sont les mots qui auront le plus marqué l’année 2020. Ils sont sinistrement entrés en résonnance avec une actualité qui nous a tous sidérés.
Respirer est donc une exposition sur l’esprit du temps, le fameux Zeitgeist. En ce printemps 2021 encore incertain où l’art est devenu presque invisible, la parole est laissée à June Balthazard, Steeve Bauras, Princia Itoua, Gregory Olympio et Didier Viodé. Entre galerie de portraits qui se fond en paysages et paysages qui se font portraits, leurs œuvres se déploient en une polyphonie pleine de nuances faites de pudeur et de poésie pour nous narrer leur rapport à l’identité, loin des discours péremptoires.
Une liberté de penser osant mettre au jour ses forces et ses fragilités que l’on trouve dans le cinéma de Claire Denis ou l’écriture de Thomas Chatterton Williams. Dans son récent Autoportrait en noir et blanc, Désapprendre l’idée de race, l’auteur revendique un certain degré de naïveté, « la première chose requise si l’on souhaite un jour résoudre la tragédie du racisme dans un monde où les races n’existent pas ». Ne serait-ce pas cela qui rassemble ces cinq artistes ?

Respirer trace une ligne directrice pour guider le regard vers cet horizon. La galerie de portraits, d’autoportraits même, de femmes et d’hommes prend à partie. Leur expression oscille entre l’hyper présence et une sorte d’absence, de repli en soi. À l’image du tout premier portrait, La Rivière Tanier, que June Balthazard dessine de sa grand-mère mauricienne ayant perdu la mémoire. Dans ce film animé fluide dont les lignes se font et se défont, elle conte sa propre créolité et le multiculturalisme qui trouvent origine dans l’esclavage subi. Au rythme de cette berceuse de l’île Maurice, sa voix nous transporte tel le balancement des flots, de même que La Barcarolle (Belle nuit, ô nuit d’amour) d’Offenbach, venant hanter l’ensemble de l’exposition. Son pendant serait le Portrait (Femme debout) de Gregory Olympio. Par son attitude, cette femme à l’œil sombre, l’air décidé, les bras croisés, se fait nouvelle icône à la peau mordorée en maillot de bain rose sur un fond jaune. Elle relève légèrement la tête, ses narines gonflées. Respirer.

À hauteur d’œil, les portraits en plan très resserré ou « américain » de jeunes personnes pour la plupart se répondent. Certains sont masqués comme le jeune skateur de Dakar au regard fier à la profondeur insondable du 3K Project que Steeve Bauras réalise dans différents lieux, Dakar en 2013, Cuba 2015, Lagos 2019, n’esquivant les possibles tensions intercommunautaires. Masqués également certains des sept Autoportraits d’un confiné de Didier Viodé, choisis parmi les cinquante-neuf peints pendant le confinement du précédent printemps. Sept comme les sept jours des semaines qui n’en finissaient pas. Son visage masqué, démasqué, s’efface peu à peu pour se transformer en masque africain. Derrière, cherche-t-il encore une autre identité ?

Ponctuant cette galerie, des paysages forment comme des Respirations pour reprendre le titre éponyme de Gregory Olympio. Leur nature étrange, désertique et aux couleurs artificielles indéterminées, pourrait certes être interprétée telle une image de fin du monde.
Mais ces paysages basculent ailleurs quand ils sont conjugués avec les vues de la campagne française de la série photographique New Homelands de Princia Itoua. Ce dernier tente d’y trouver des traces communes avec les paysages africains de son enfance. De même sa Jardinière, souche de tilleul réceptacle de plantations précaires, ou encore Éole, graines de provenances différentes – Sorgho, Gombo, Pak Choi, etc. – semées dans de la terre berruyère, invitent à interroger les origines autant que l’enracinement. L’atmosphère de My Dears. One for my Baby photographie de Steeve Bauras finit de tracer cette ligne vers cet ailleurs et les deux silhouettes d’arbres noires qui se détachent sur le ciel rose électrique pointent l’horizon possible d’un nouvel Eden.

Stéphanie Jamet

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Présentation de l'exposition
par Romeu Martins pour HubTech Centre-Val de Loire

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