Recherche / FormationsPost-DiplômesCÉPIASéminaire 14 décembre 2016
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mercredi 14 décembre 2016
amphithéâtre

séminaire organisé par l’école nationale supérieure d’art de bourges – CÉPIA*et l’ESPE** Centre  Val de Loire — Iniversité d’Orléans, 
centre de formation de Bourges — master MEEF ap***

9h-17h

Les approches participatives de l’art dans l’espace public

Séminaire

Programme de la journée

9h • 9h30

Accueil
Antoine RÉGUILLON, directeur de l’ENSA de Bourges
& Marie-Juliettte REBILLAUD, professeur d’arts plastiques à l’ESPE CVL de Bourges – Université d’Orléans. Responsable du MEEF second degré – parcours Arts Plastiques et responsable pédagogique du Cépia.

9h40 • 10h40

Commande publique et participation
Guy TORTOSA, inspecteur en charge de la commande publique à la Direction générale de la création artistique du Ministère de la culture et de la communication

10h45 • 11h45

Réenchanter le monde par la participation : un leurre ou une autre pratique artistique ?
Christian RUBY, philosophe, formateur de médiateurs culturels

11h50 • 12h50

Engager la conversation, donner et prendre la parole
Marie PRESTON, artiste, maître de conférences à l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis

PAUSE DÉJEUNER

14h30 • 15h30

Nicolas SIMARIK, artiste plasticien

15h35 • 15h55

Projection du film Le Geste exilé de Pascale HOUBIN
2015 (17,50 min., couleur et sonore, sous-titré Anglais et Français)

16h • 17h

Le geste : de l’imitation à l’initiation
Pascale HOUBIN & Éric FOUCAULT
Chorégraphe & médiateur agréé par la Fondation de France pour l’action Nouveaux commanditaires, Association Eternal Network (Tours)

17h

Conclusion de la journée

  

Les intervenants

Guy TORTOSA

Guy Tortosa est inspecteur en charge de la commande publique à la Direction générale de la création artistique du Ministère de la culture et de la communication, critique d’art et spécialiste des relations entre arts plastiques et environnement (territoires, villes, jardins, paysages, etc.). Il a été également directeur du FRAC des Pays de la Loire, conseiller pour les arts plastiques de la DRAC Poitou-Charentes, directeur du Centre international d’art et du paysage de Vassivière en Limousin, chargé de cours dans différentes écoles d’art et universités (Ensba Paris, Ensapc, Paris VIII Saint-Denis, etc.) et commissaire de plusieurs expositions parmi lesquelles, aux côtés de Fabrice Hyber, le Pavillon de la France lors de la 47e Biennale internationale d’art contemporain de Venise en 1997, projet pour lequel il a reçu avec l’artiste le Lion d’or du meilleur pavillon national.

Commande publique et participation
Guy Tortosa y abordera des exemples de réalisations de Siah Armajani (Nice), Michel Blazy (Grand Pierre et Vitain, commune de Marolles près de Blois), Louise Bourgeois (Choisy-le-Roi), Delphine Bretesche et Martin Gracineau (Le Mans), Daniel Buren (Les Deux Plateaux, Paris), Fabrice Hyber (C’Hyber’Rallye, pays de Vassivière), Raoul Marek (la salle du monde d’Oiron), Robert Milin (Palais de Tokyo / rue de la Manutention), Tania Mouraud (Espaces de méditation, Metz), Pierre Redon, (Les Sons des confins, Limousin-Poitou-Charentes-Pays de la Loire), Erik Samakh (Les Rêves de Tijuca, île de Vassivière), James Turrell (Heavy Water, Poitiers), Jean-Luc Vilmouth (Comme deux tours, Châtellerault).

Christian RUBY

Christian Ruby est philosophe, formateur de médiateurs culturels. Il est membre de l’ADHC (Association pour le Développement de l’Histoire Culturelle), de l’ATEP (Association Tunisienne d’Esthétique et de Poïétique), du collectif Entre-Deux (Nantes, dont la vocation est l’art public) ainsi que de l’Observatoire de la liberté de création. Chercheur indépendant, ses travaux les plus récents portent sur l’élaboration d’une Histoire culturelle européenne du spectateur (3 volumes parus), ainsi que sur une théorie politique du spectateur (en cours de parution). Cette dernière s’expose déjà pour partie dans : Spectateur et politique, D’une conception crépusculaire à une conception affirmative de la culture ? Bruxelles, La Lettre volée, janvier 2015. Il s’est spécialisé par ailleurs dans l’art public et l’art urbain, dont il commente les œuvres du point de vue esthétique (du point de vue de la relation du passant-spectateur à l’œuvre).

Réenchanter le monde par la participation : un leurre ou une autre pratique artistique ?
Comment prendre acte de la nécessité de dépasser les avant-gardes modernes, sans renoncer à agir sur la société1, ou comment renoncer à avoir part à une révolution politique sans être indifférent à l’histoire ? Tel est, pour partie, le socle de l’art participatif, au moment même où il inclut dans ses œuvres des transformations des modalités de la corrélation œuvre-spectateur, qui se veulent contemporaines ?
Certes, il propose des faits : des œuvres à activer ou « praticables », des pratiques relationnelles, des processions et des rituels, l’enrôlement de publics par des artistes réputés « facilitateurs »... Ces faits artistiques sont à analyser, dans leurs réalisations et protocoles.
Mais nous choisissons de les interroger plutôt dans leurs justifications. Une partie des légitimations contient l’objectif de « réveiller » le public, et une autre table sur un sentiment de vide et de perte de sens, d’anomie, à combler par un « engagement des artistes auprès des publics ». Chez certains artistes, dans les revues d’art, dans les magazines, le lecteur rencontre à ce propos des formules — qui prétendent s’excepter de l’esthétique — centrées autour des termes : participation, co-création, co-production, collaboration2,... Et même, dans leur plus extrême férocité, des directives d’incitation à la mobilisation des « gens » en art se répandent au point de faire passer la participation au rang d’injonction institutionnelle.
C’est, à cette notion de « participation » que nous souhaitons nous arrêter. Elle prétend synthétiser la signification de pratiques artistiques apparemment diverses — quand il ne s’agit pas d’un appel à la contribution du public, bientôt devenue norme structurante de pratiques (y compris d’État) —, passées au rang de divinité du moment, au sens où, dans de très nombreux cas, cette idée de participation incite à croire ou pousse à faire croire qu’en éprouvant du commun physiquement, on le réalise.

1. Cf. Le groupe de trois artistes turques, Oda Projesi affirme ne pas vouloir chercher à améliorer ou changer la situation (au sens de l’art d’intervention des avant-gardes, qui s’empare des situations et sabote l’idée même de chef-d’œuvre afin de mettre en avant l’agir social, le changement de la vie, mais qui apparaît désormais comme condescendant à l’égard du public) : « échanger pas changer ».
2. Nous reviendrons sur les différences entre participation et collaboration (comme économie collaborative), et les logiques dites contributives, voire celles de l’activation…

Marie PRESTON

Marie Preston est artiste, maître de conférences à l’université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis, membre de l’équipe TEMAeD (Théorie Expérimentation Arts Médias et Design). Son travail artistique se constitue comme une recherche visant à créer des œuvres, documents d’expérience, avec des personnes a priori non artistes. Les rencontres sont suscitées en engageant une activité dans des territoires spécifiques : pratique du tricot au sein de l’Association des Femmes maliennes de Montreuil, déplacement sur des chemins historiques disparus entre Paris et ses communes limitrophes, travail documentaire sur une pratique rituelle en Inde. Elle s’intéresse à l’impact des colonisations sur la construction de l’altérité, à l’ethnographie, aux alternatives écologiques et pédagogiques. Photographies, sculptures, performances et films prennent forme selon des modalités diverses allant de la restitution d’expérience à des actions collectives. Elle mène actuellement une recherche sur les pratiques de co-création et sur les pédagogies alternatives.

Engager la conversation, donner et prendre la parole
La coopération, la transmission et la co-création tentent de mettre à distance la participation entachée de bonne conscience qui a été tant décriée à la fin des années 60 (« je participe, tu participes, ils profitent »). Ces manières de faire — qui dépassent le champ exclusif de l’art — nécessitent du temps en vue de créer un espace commun permettant un tâtonnement expérimental. Ces processus de création sont portés autant par l’héritage des pédagogies nouvelles, des tentatives de l’éducation populaire d’après-guerre que du new genre public art définit par Suzanne Lacy. C’est dans cette perspective et par le biais du rapport à la PAROLE que je présenterai ma démarche artistique.

Nicolas SIMARIK

Nicolas Simarik est un artiste plasticien, spécialiste dans la conception de projets de territoire. Il investit l’univers social par des œuvres engagées et souvent participatives. Travaillant au quotidien sur des projets au long court, il rythme également son activité de workshops, conférences et de projets culinaires insolites et conviviaux. Il est autant intéressé par la production artistique que par le montage de projet et l’économie de la culture en général.

Nicolas Simarik présentera sa dernière édition : « la recette » bilan de sept années de résidence sur le territoire de Tours dans le quartier du Sanitas. Il parlera également de deux projets en court : le 1 % artistique de Morlaix et sa collaboration au festival Une place à table de la fondation Abbé Pierre.

Pascale HOUBIN & Eric FOUCAULT

Pascale Houbin fonde la compagnie « Non de Nom » en 1987.
Ses premières créations Nota Bene (trio 1987) puis Chants (quatuor 1989) créées au théâtre de la Bastille intègrent à la chorégraphie la présence d’un comédien sourd, Joël Liennel, ainsi que l’utilisation de la langue des signes française. Cette expérience lui permet d’explorer les résonances reliant texte et mouvement. Son écriture chorégraphique s’imprime dans l’espace scénique comme de la poésie visuelle.
Elle crée trois solos : Germen et Soma (1995), Rhizome (1998), Récital (1998).

À partir de 1999, elle s’engage dans une suite de collaborations artistiques :

  • Parole, 1999, trio avec Abbi Patrix, conteur et Levent Beskardes, comédien sourd,
  • Mito-Mito, 2000, duo avec Georges Appaix,
  • Bonté divine, 2003, duo avec Dominique Boivin,
  • La petite fille qui, 2004, spectacle jeune publique avec Abbi Patrix,
  • À blanc, 2004, solo co-écrit avec Patrick Bonté, metteur en scène belge,
  • Ni d’ève, ni d’adam, 2007, duo avec Dominique Boivin,
  • Justaucorps, 2010, quatuor crée à IVT sur une commande d’Emmanuelle Laborit,
  • En piste, 2011, trio avec Dominique Boivin et Daniel Larrieu.

Depuis 2002, elle développe en parallèle un travail vidéo Aujourd’hui à deux mains. Il s’agit d’une collection de portraits gestuels filmés « à blanc » dans différents métiers (pépiniériste, boulanger, pilote de chasse, couturière, croupier…).
En 2015, elle réalise Le geste exilé.

Après des études d’histoire de l’art à Tours, Éric Foucault se spécialise dans l’étude des projets artistiques réalisés dans l’espace public en intégrant en 1998 la section « Autres Espaces » de l’École supérieure des beaux-arts de Tours.
En 2001, il co-fonde avec l’artiste Sammy Engramer le collectif Groupe Laura dont il sera coordinateur, commissaire et rédacteur pour la revue LAURA, participant également au comité de programmation du festival Rayons Frais (Tours).
De 2000 à 2008, Éric Foucault collabore régulièrement avec l’association Eternal Network en tant qu’animateur d’ateliers, coordinateur de projets et commissaire associé. En 2009, il devient médiateur de l’action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France pour le Centre et l’Ouest. Depuis 2014, il est directeur artistique d’Eternal Network.

Le geste : de l’imitation à l’initiation
Basée à Rennes, l’association Travesías a souhaité commander une œuvre d’art autour de la question de la transmission intergénérationnelle chez les femmes d’origine étrangère. Ayant immigré en Bretagne dans les années 1960-1980, elles sont aujourd’hui grand-mères, coupées de leurs racines pour beaucoup d’entre elles. Leurs enfants ont été élevés dans une autre culture. Que peuvent-elles transmettre à leurs petits-enfants comme souvenirs de leur propre enfance ?
Afin de réaliser un film autour de la transmission des gestes, vecteurs des traditions, des savoir-faire et tout simplement des activités quotidiennes, la chorégraphe Pascale Houbin a mis en place des ateliers, avec grand-mères, enfants et petits-enfants afin de faire surgir ces gestes enfouis dans les corps.
Pascale Houbin et Éric Foucault, le médiateur de la Fondation de France qui a initié et produit le film, évoqueront la mise en œuvre de cette commande et l’importance de la durée dans l’appropriation collective d’un projet personnel.

Le Geste exilé, film de Pascale Houbin, 2015
commanditaires : les membres de l’association Travesías, médiation : Éric Foucault, Eternal Network, médiateur agréé par la Fondation de France pour l’action Nouveaux commanditaires / équipe de réalisation de la vidéo : Pascale Houbin, Dominique Alisé, Alberto Crespo, Emmanuelle Baude, Michel Musseau / partenaires : Fondation de France, Fondation Daniel et Nina Carasso, ville de Rennes (CUCS)

RadioRadio

Une radio temporaire de création fabriquée par des étudiant(e)s de l’Ensa Bourges
en FM : 105.1 à Bourges
et sur le web

Atelier sonore d’esthétique

Créé en 2005, l’Atelier sonore d’esthétique, est un séminaire de recherche esthétique en création sonore expérimentale — site web

Arts et créations sonores

Post-diplôme en partenariat avec le Conservatoire de musique et de danse de Bourges — d'électroacoustique — site web