Date : Mardi 11 Mai
Lieu : départ au 25 rue d’Auron
Heure : 19h
Ouvert à toutes et tous
Concert GRMS le 7 mai
Spatialités sonores et transduction des genres
Mezzanine du Coeur des Sciences de l’UQAM / Hexagram, 175 av. du Président-Kennedy Montréal
Une production du GRMS (Groupe de recherche sur la médiatisation du son), en collaboration avec matralab-Concordia, Hexagram-UQAM, la Société de musique contemporaine du Québec et le Festival Montréal/Nouvelles Musiques.
S’inscrivant dans la continuité du projet Arts sonores et transduction des genres, cet événement propose d’ouvrir la réflexion à la question de la spatialité dans la création sonore, musicale et performative. Comment le son, dans sa matérialité vibratoire et sa propagation dans l’espace, participe-t-il à reconfigurer les rapports entre les corps, les identités et les formes artistiques ?
La spatialité, ici, ne se réduit pas à un simple cadre de diffusion ou à une dimension technologique de la spatialisation sonore. Elle constitue un principe actif de relation, une dynamique de transduction où se rejouent continuellement les frontières entre intérieur et extérieur, local et global, intime et collectif. Comme la transduction simondonienne, le son se déploie de proche en proche : il traverse, module, transforme les milieux et les subjectivités qu’il rencontre.
Dans cette perspective, l’espace devient médium, matière et acteur de l’œuvre. La propagation sonore, ses interférences, ses résonances et ses silences, agissent comme autant d’opérations transductives qui reconfigurent les genres — au sens d’identités de genre, de genres musicaux, mais aussi de genres de présence et de relation. Explorer la spatialité, c’est dès lors interroger la plasticité même des catégories qui fondent nos manières d’écouter, de performer, d’habiter ensemble.
L’événement invite artistes, chercheurs et chercheuses, ainsi qu’auditeurs et auditrices à expérimenter des dispositifs où le son devient un agent de passage et de transformation : concerts immersifs et performatifs, créations radiophoniques, installations multicanaux, expériences téléprésentielles ou in situ, croisements entre discours théorique et acte sonore. Ces formes hétérogènes cherchent à activer des espaces d’écoute transductifs, où le sensible, le politique et le poétique s’entrelacent sans hiérarchie ni fixité.
Cette activité est présentée dans le cadre des Rencontres interdisciplinaires 2026.
Programme
15 h – 17 h │ Première série de concerts
Avec:
Fanny Pimpurniaux (Rouyn-Noranda),
Chantal Dumas (Montréal)
Soledad Coyoli (Montréal)
Jérôme Joy (Saint-Nazaire)
17 h – 18 h │ Table ronde avec les compositeurs et compositrices
Modération : Éric Létourneau
18 h – 19 h │ Pause
19 h – 21 h │ Deuxième série de concerts
Avec:
Kasey Pocius (Montréal)
Ambroise Vesac (Rouyn-Noranda)
Vagin Soleil (Saint-Alphonse-Rodriguez)
Volkmar Klien (Vienne)
21 h – 21 h 30 │ Performance LASER par Augur’s Wand (Montréal)
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A cette occasion, Jérôme Joy propose la création d’une nouvelle oeuvre, ALAPismique, épisode caché de l’Élektrorama : la tournure sagaphonique colorature de Sati dans le courant du grand jet d’eau de Genève, pour sons électroniques en feedback et voix samplée (2026).
ALAPismique est un ample mouvement inopiné et sagaphonique, telle une grande et immense vague sonore qui fait naître Sati (une des protagonistes de l’opéra-manoeuvre Élektrorama en cours de réalisation avec Eric Létourneau Dumaine) au sein même du grand jet d’eau de Genève. Ce dernier est de tous temps le conducteur invétéré de nos connivences comme de nos dissensions. Ainsi le Lac Léman joue le rôle d’un immense réflecteur au milieu des Alpes qui engendre au monde la voix colorature ; il organise le grand feedback (As Loud As Possible : « ALAP ») et stimule tout type de délais et d’autres trucs que Sati démêle. De la sorte, tous les sons d’oscillations et de rétroactions, toupies et pulsations, s’assemblent les uns les autres en partant de leur source, la cascade de Chexbres, pour former par vagues successives le lac horizontal qui finira par stagner. Le spectre sonore alapismique qui en surgit est grand ouvert, fait glisser, fait coulisser, module et mobilise de multiples spatialités propres à la chute d’eau qui s’écrase. Vocalement de tous les genres et de toutes les époques, Sati y naît.
Techniques : feedbacks de machines, field recordings, sampling, montage, mixage.

